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Le village de Timichi

En 2008 lorsque je suis partie au Maroc avec ma meilleure amie et ses parents j’ai découvert le village de Timichi, grace à eux. Son père est directeur d’un centre social dans le sud de la France. Les jeunes de ce centre social étaient parti dans ce village construire une école en 2007. Timichi est un petit village dans les montagnes de l’Atlas a quelques centaines de kilomètre de Marrakech dans la vallé de Setti Fatma. L’accés à ce village se fait uniquement à pied et l’eau et l’électricité ne sont pas conduis jusqu’à la bas.

Pour y aller nous avons marché 6h avec Youssef  et son ane qui portait nos bagages. Youssef est le fils du maitre de maison qui accueillait les marcheurs de la vallée. La marche fut trés difficile nous étions partis a 10h le matin, c’était en plein mois d’Aout la chaleur était insoutenable. Nous avons marché sur des pistes de sables, des sentiers abruptes, dans le lit d’une rivière sèche avec d’énormes galets… Mais les paysages étaient magnifique, c’est ca qui nous aidait à avancer. En fin de journée quand nous sommes arrivés nous avons vu l’école et les enfants de Timichi et des villages voisins fiers de leur école. La nuit tombée à l’heure de la prière tous les enfants des villages de la vallée montaient dans les minarets pour réciter des sourates. Ils le faisaient en chantant. Entendre leur voix résonner à l’unisson dans la vallée à était pour moi le meilleur moment de ce voyage.

Mauvais portail

Durant un voyage au Mexique, mon copain et moi étions hébergés chez un garçon rencontré via Airbnb. Au moment du diner, il nous laisse ses clés afin que nous puissions aller manger dehors et revenir dormir chez lui. Une fois notre repas terminé, nous retournons dans sa résidence, mais au moment d’insérer la clé dans la serrure du portail: ça ne marche pas! Nous essayons comme des forcenés toutes les clés du trousseau, tentons d’attraper la poignée de l’autre côté, tout ceci en vain. Paniqués nous cherchons où se trouve l’entrée principale avec les sonnettes. Ayant mal retenu le nom de famille de notre hôte, nous sonnons un peu au hasard afin de demander à quelqu’un de nous ouvrir (tout ceci dans un espagnol très approximatif!). Là une dame nous répond que nous avons sonné au mauvais endroit… Nous revenons au portail, mon copain décide d’escalader le portail, chose qui pouvait risquer de nous attirer des ennuis car les habitants pouvaient penser que nous étions des cambrioleurs. Tout ça pour qu’une fois à l’intérieur il se rende compte que nous nous étions trompés de lotissement! Bref, une petite frayeur sur le coup, un souvenir rigolo après coup.

Man VS Wild

La partie intéressante quand on voyage tout(e) seul(e), c’est que l’on peut bien prendre le temps de discuter avec soi même. Je ne parle pas de l’image de Gollum et de son reflet dans le Seigneur des Anneaux, mais de ce moment de contemplation intense qui rend l’introspection aussi aisée qu’un match de boxe contre un manchot.

C’était au début du mois de décembre 2014, j’observe ce volcan à quelques dizaines de kilomètre, dessinant le seul relief sur l’horizon, un cône parfait. Je trouve cette montagne fascinante. Il ne me fallait pas grand chose à ce moment là pour me décider à préparer son ascension.   Le lendemain, 6h30 du matin, je suis au pied du volcan, le soleil se lève derrière lui. J’engage une ascension de quatre heures avec un seul objectif, contempler le monde d’en haut. C’est de ce moment précis que j’ai envie de vous parler de ce moment où après les quelques derniers mètres, je me suis retrouvé à marcher puis m’asseoir sur le bord d’un cratère de glace les pieds dans le vide, à 2500m d’altitude. On a le monde devant soi, du vert des plaines neo-zélandaises à perte de vue, la mer de Tasman en arrière plan… Et pourtant, cette image, là, perché seul sur le sommet de ce volcan, je la perçoit encore comme ce genre d’instant où l’on est surtout face à soi même. Ce genre d’instant où l’on a l’impression de prendre totalement conscience de ce que l’on est. La beauté du moment, du paysage, couplée à l’adrénaline de l’effort physique m’a poussé à cet instant à me sentir totalement vivant, seul au monde et surtout, heureux.

Mémoires du Bosphore

Le souvenir que je vais évoquer est lié à mes nombreux déplacements professionnels en 2011 à Istanbul. En y partant, je ne savais pas trop à quoi m’attendre et d’ailleurs je ne me posais pas trop la question. Pourtant mon frère, avant mon départ, semblait tellement emballé et n’arrêtait pas de me répéter que j’avais une chance incroyable. Mon esprit de contradiction agissant, j’ai minimisé le tout et suis parti à Istanbul juste après le jour de l’an 2011, la fleur au fusil.

Dès que j’ai mis les pieds dans cette ville, j’ai ressenti quelque chose de profond. Cette ville m’a touché esthétiquement et toute l’atmosphère qui s’en dégageait m’a totalement enivré. Avec le recul aujourd’hui, je me rends compte qu’Istanbul a agi comme une drogue sur moi. Je revenais de temps en temps à Berlin mais je ne pensais qu’à y repartir. L’ambiance orientale mêlée à cette agitation de mégalopole mais aussi la possibilité de se retrouver dans des ruelles désertes, d’un autre temps, Istanbul m’a charmé et j’en suis tombé amoureux. Depuis, je ne pense qu’à y retourner.

C’est surtout sur le bord du Bosphore, ce bras de mer qui coupe la ville en deux, ou à bord d’un bateau sur le Bosphore que cette magie frappe encore plus. Le souvenir en est tellement vif que je pourrais, les yeux fermés, dessiner ou expliquer la moindre silhouette de coupole ou de minaret, la moindre villa plongeant dans les eaux bleues du Bosphore. Les mots manquent souvent à exprimer ce que l’on voit et l’on ressent à l’instant T. Cependant, chaque fois que je me suis retrouvé sur les rives du Bosphore, que j’ai regardé tout autour de moi et que j’ai respiré un bon coup, cela m’a laissé un souvenir inaltérable. Le souvenir que je garde de ces moments est visuel, olfactif mais aussi auditif, avec le cri des mouettes, ceux des pêcheurs, les enfants qui courent et le bruit des bateaux qui glissent sur l’eau. Je garde aussi des souvenirs de vues incroyables sur le cap où se dressent les mosquées et le palais royal d’Istanbul. Les oiseaux qui à la tombée de la nuit virevoltent dans le ciel orangé. Incroyable. J’ai comme ça milles et uns souvenirs de vues de cette ville. Je m’y suis à chaque fois plongé, volontairement isolé et ai pris tout ce que je pouvais prendre des sons qui m’entouraient.

Un énorme choc esthétique et un souvenir inoubliable pour moi a été de pénétrer dans la basilique Sainte Sophie. Ancienne église devenue mosquée, colossale, la voute se dresse au-dessus de toi à une hauteur écrasante. Y règnent un mélange de solennel et de païen. C’est aujourd’hui un musée que des milliers de touristes visitent mais cela n’enlève rien au choc visuel lorsqu’on entre dans l’édifice et qu’on est pris dans une sensation de vertige par le bas, en levant les yeux. Milles souvenirs des moindres fresques et inscriptions aussi. Comme imprimés dans ma rétine.

A cela s’ajoute la dualité d’Istanbul qui n’enlève rien au souvenir qu’on en garde gravé. Deux continents, deux cultures, deux façons de vivre entre les jeunes modernes et les gens traditionnalistes, deux sociétés qui s’affrontent indirectement.

En ayant parlé avec bon nombre de connaissances qui se sont rendus dans cette ville, eux ont aussi tous ressenti une sorte de fascination au moment de l’appel à la prière. Loin d’être religieux, et même pas plutôt réfractaire aux religions, je m’y intéresse pour leur histoire notamment. Mais force est de constater qu’à ce moment précis où s’élèvent de tous les minarets de la ville, ces appels, mélodieux et incompréhensibles, cela prend aux tripes. Je me rappelle très précisément d’une fois où j’étais sur la terrasse d’une amie. Je regardais insouciant le pont devant moi et le Bosphore. L’appel à la prière démarre toujours par la voix de la mosquée locale qui commence doucement à parler mais qui tranche, avec la modernité ambiante. Puis ça s’emballe, et le niveau sonore devient incroyablement élevé dans la ville, c’est comme si tous les imams se parlaient et dialoguaient. Ca force au silence et en général les discussions s’interrompent à ce moment précis, par surprise pour nous occidentaux principalement. Je me rappelle très bien avoir vécu cet appel très intensément, à la tombée de la nuit, le pont gigantesque, un peu comme celui de San Francisco, commençait à s’illuminer, c’était simplement très beau.

J’ai donc comme tu peux le voir des dizaines de souvenirs précis dans cette ville mystique. Comme tu m’as dit que le souvenir devait être lié à l’esthétique, j’ai tout de suite penser à cela. Chaque point de vue sur la ville offre son lot d’émotions inoubliables. C’est ce qui rend cette ville incroyable et ce qui m’a procuré les mêmes émotions qu’à Rome ou Jerusalem. Ok je suis très porté sur l’histoire mais ces trois villes m’ont toutes les trois toujours coupé le souffle !