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Le village de Timichi

En 2008 lorsque je suis partie au Maroc avec ma meilleure amie et ses parents j’ai découvert le village de Timichi, grace à eux. Son père est directeur d’un centre social dans le sud de la France. Les jeunes de ce centre social étaient parti dans ce village construire une école en 2007. Timichi est un petit village dans les montagnes de l’Atlas a quelques centaines de kilomètre de Marrakech dans la vallé de Setti Fatma. L’accés à ce village se fait uniquement à pied et l’eau et l’électricité ne sont pas conduis jusqu’à la bas.

Pour y aller nous avons marché 6h avec Youssef  et son ane qui portait nos bagages. Youssef est le fils du maitre de maison qui accueillait les marcheurs de la vallée. La marche fut trés difficile nous étions partis a 10h le matin, c’était en plein mois d’Aout la chaleur était insoutenable. Nous avons marché sur des pistes de sables, des sentiers abruptes, dans le lit d’une rivière sèche avec d’énormes galets… Mais les paysages étaient magnifique, c’est ca qui nous aidait à avancer. En fin de journée quand nous sommes arrivés nous avons vu l’école et les enfants de Timichi et des villages voisins fiers de leur école. La nuit tombée à l’heure de la prière tous les enfants des villages de la vallée montaient dans les minarets pour réciter des sourates. Ils le faisaient en chantant. Entendre leur voix résonner à l’unisson dans la vallée à était pour moi le meilleur moment de ce voyage.

Ma petite cascade

J’ai beaucoup de souvenirs en Lozère, cette région méconnue du Languedoc-Roussilon, mais il y en a un  qui me revient à l’esprit… quelque chose de très simple. Le bruit de l’eau qui tombe sur le toit percé de la caravane dans laquelle j’habitais un mois durant, chaque année, avec ma mère et ma grande sœur, de mes 5 à mes 13 ans.

L’orage d’été en Lozère, c’est pas du petit crachin…il faut le savoir. C’est une déferlante de tonnerres vrombissants, c’est une lourde pluie poisseuse portée de temps à autre par des vents effrayants. Je passe vite sur les ciels « vibrionnant de mille éclairs » pour citer Noir Désir, mais dans le regard d’un gosse de 6-7 ans, c’est à la fois un moment pour le moins intimidant, une occasion de faire les gros bras devant les copains d’été et de regarder le monde partir en ruisseaux dévalant sur les pentes douces du camping. Il n’était pas rare donc d’avoir à chaque séjour, ses deux ou trois orages (le climat lozérien n’est pas le plus simple du monde et j’espère qu’il le restera jusqu’à la fin, de quoi, j’en sais rien…) et je me plaisais ainsi à écouter le bruit des gouttes d’eau s’acharnant contre le toit de la caravane tout en faisant mes devoirs de vacances (un aspect plus désagréable de l’orage d’été) et juger de la violence de l’apocalypse qui s’abattait dehors tandis que je restais assis au sec, à faire semblant de multiplier 7 et 8. Le moment de grâce, c’est-à-dire, lorsque ces instants prenaient un tournant à la fois tragique et intense était lorsque la pluie, tombant de manière suffisamment importante, créer des sortes de cours d’eaux coulant le long des vitres et des fenêtres en plastiques souples du haut-vent. Plus forte était la pluie, plus large était le courant et plus fort était mon sentiment d’être en sécurité et de pouvoir me la jouer peinard devant les copains assis avec moi sous le haut-vent…

Il n’y a pas une seule fois où, voyant un ruisseau courir sur le pare-brise de ma voiture ou sur un velux d’un appartement ou d’un magasin, je ne pense à ces instants et à mes petites cascades.

Man VS Wild

La partie intéressante quand on voyage tout(e) seul(e), c’est que l’on peut bien prendre le temps de discuter avec soi même. Je ne parle pas de l’image de Gollum et de son reflet dans le Seigneur des Anneaux, mais de ce moment de contemplation intense qui rend l’introspection aussi aisée qu’un match de boxe contre un manchot.

C’était au début du mois de décembre 2014, j’observe ce volcan à quelques dizaines de kilomètre, dessinant le seul relief sur l’horizon, un cône parfait. Je trouve cette montagne fascinante. Il ne me fallait pas grand chose à ce moment là pour me décider à préparer son ascension.   Le lendemain, 6h30 du matin, je suis au pied du volcan, le soleil se lève derrière lui. J’engage une ascension de quatre heures avec un seul objectif, contempler le monde d’en haut. C’est de ce moment précis que j’ai envie de vous parler de ce moment où après les quelques derniers mètres, je me suis retrouvé à marcher puis m’asseoir sur le bord d’un cratère de glace les pieds dans le vide, à 2500m d’altitude. On a le monde devant soi, du vert des plaines neo-zélandaises à perte de vue, la mer de Tasman en arrière plan… Et pourtant, cette image, là, perché seul sur le sommet de ce volcan, je la perçoit encore comme ce genre d’instant où l’on est surtout face à soi même. Ce genre d’instant où l’on a l’impression de prendre totalement conscience de ce que l’on est. La beauté du moment, du paysage, couplée à l’adrénaline de l’effort physique m’a poussé à cet instant à me sentir totalement vivant, seul au monde et surtout, heureux.