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Rock ‘n’ Roll

J’ai mit des années pour comprendre pourquoi j’avais choisi cette vie « artistique ».  Je me rappelle le moment où j’ai compris, bon, plus ou moins.  En tant qu’étudiant de composition de la musique, j’ai appris qu’il fallait que je trouvais ma vois personnelle et pendant des année je la cherchais, jusqu’à ce film.  Il s’appelle « Hair heads ».  Il y a une groupe de rock qui rentre dans une station de radio pour faire en sorte que sa musique sera diffusé.  Puis, l’animateur de radio leurs pose la question « pourquoi vous fetes tout ça ? » et la réponse est « pour notre vois être entendu ». L’animateur ouvrit le micro et  dit « voilà, dis ce que tu veux », la groupe trouve pas de paroles et finalement crie « ROCK’n’ROLL ».

Alors, c’est tout ? J’ai compris que moi aussi j’ai rien à dire et en fait, maintenant, quand j’écoute la musique d’autres, je pense que personne a une vois unique.  Finalement, peu importe le genre, nous tous crions « ROCK’n’ROLL » en espérant que les gens penseraient qu’il y a du sens derrière…

Le jour ou la charolaise faillit s’éteindre

Je me souviens d’un camp de vacances scientifiques ou l’on passait le plus clair de notre temps à créer des projets d’ampleurs comme des fusées expérimentales pour le CNES, des robots à roulettes autonomes pour défier les écoles d’ingénieurs lors de la coupe de France de robotique, des ballons expérimentaux atmosphériques… et des fusées à eau… Mais notre passe temps préféré restait le plaisir simple de la fusée à eau. Telle une bande de lapins crétins en manque de colle à sniffer, nous nous amusions à passer des après midi à concevoir nos petites fusées faites de colles et de bouteilles en plastique… Nous avions eu l’idée de fabriquer LA meilleure fusée à eau EVER… pouvant supporter une pression d’eau maximale et un aérodynamisme absolument réfléchi et révolutionnaire (sauf les ailerons en contreplaqué collé avec de la collue UHU mélangée à de l’araldite made in République Démocratique du Congo (Eddie Malou toi même tu sais <3)). C’est ainsi que l’URRS (oui oui le nom de notre fusée) se retrouva sur le pas de tir d’une cours de récréation du lycée agricole de Beynac, village paumé du Limousin. Devant la foule en délire, elle prit son envol suite à une surpression du réservoir et optionellement un faux départ retentissant. Elle écrasa tous les records de vol, autant en vitesse qu’en altitude et en temps de vol. Elle alla s’écraser 200 mètres plus loin, dans le champ d’à côté ou vivait paisiblement un troupeau de charolaises. Surprise par le crash qui s’est produit au beau milieu du troupeau malgré son système de parachute défectueux (oui oui, on avait pensé AUSSI au parachute en sac poubelle), elle furent pris de panique et faillir également s’enfuir du champ en tentant de défoncer les grillages.

Et c’est à ce moment précis que la foule, euphorisé par la performance scientifique que nous avions suscité, scandèrent pendant quelques secondes : « MORT AUX VACHES! ». Avant de venir nous féliciter.

C’est ainsi que la science aura prouvé ce jour là que même avec des bouteilles, de l’eau, une pompe à vélo, quelques planches et de la colle, l’Homme reste l’espèce la plus dangereuse de son temps… Même à 16 ans et pré-pubère.

Premier contact

Je devais être en 5ème ou en 4ème quand notre prof de français nous avait demandé de jouer une des scènes de « L’Avare » de Molière. Je voulais pas que ma note dépende de quelqu’un d’autre en acceptant d’interpréter une scène à plusieurs personnages, du coup j’avais choisis le monologue où l’avare crie au voleur, complètement fou de rage. Je devais être encore trop introverti pour pouvoir arriver devant la trentaine d’autres élèves de ma classe et faire le mec vénère l’instant d’après.

Simple, j’avais la pression. Trop de pression. Je connais le texte, d’accord, mais le sortir sans bafouiller, sans craquer, sans ce putain de moment de solitude que n’importe qui a redouté au moins une fois dans sa vie.

Les yeux se fixent sur moi, les minutes se rallongent. Tant pis, faut que ça parte. Les premiers mots sortent, les suivants s’enchaînent, mais rien à voir avec le rythme monotone qui sortait quand je répétais. Putain, mais c’est quoi ce rythme ? Molière n’a jamais écrit ça pour qu’on l’interprète de cette façon. C’est un monologue, de la prose pure, mais pourtant les rimes s’enchaînent et le ton est sévère. Regard sombre, mains qui s’agitent … on parle plus de pièce de théâtre là, on parle de rap ! Merde, un bafouillement ! C’est difficile, mais faut que les mots arrivent à redémarrer, en plus la fin du texte est dans 4 ou 5 phrases. Allez. Allez ! Ça y est, c’est terminé… La salle de classe explose, mes potes sautent de leurs chaises, les applaudissements se font retentir. Sérieux, je suis capable de ça ? PUTAIN ! Et la prof, qu’est-ce qu’elle en pense ? J’attends…

« C’était très bien, mais à un moment tu as bafouillé et du coup je ne peux pas te mettre 20/20, du coup je te mets que 19/20. »

Toute la classe crie au scandale. Elle a raison. Salope.